L'agroécologie, un espoir dans le monde ?

14 mai 2020

 



VOYAGE AU ROYAUME DES FRONTIERES

ET APPEL A SOLIDARITE

Je suis partie cet été-là, à Briançon, m'enquérir d'un autre type d'accueil des Réfugiés : celui des frontières.

Briançon est situé à la croisée des passages des Migrants entre l'Italie et la France, par le Col de l'Echelle au Montgenèvre.

Je me suis présentée en premier lieu au "Refuge", géré par l'Association "Refuges Solidaires". La spécificité de cet accueil d'urgence est de se situer après une frontière où les Réfugié(e)s, souvent coursés par la police, se rendent compte que le gouvernement français ne veut pas les recevoir.

Ils arrivent fatigués, parfois malades, blessés et presque toujours touchés psychologiquement par cette épreuve venant se rajouter à d'autres épreuves de leur vécu. Jusqu'au printemps 2017, les Bénévoles hébergeaient chez eux ceux qui passaient la frontière. Mais devant l'afflux (10 à 30 personnes par jour et jusqu'à 50 personnes certains jours), la Communauté des communes du Briançonnais leur a mis à disposition une ancienne caserne pouvant recevoir en théorie 15 personnes. 

Seulement, le refuge en accueille souvent 80 et parfois jusqu'à 150 ; les Femmes et les Enfants étant logé(e)s par le 115 ou dans un local paroissial qui accueille ponctuellement jusqu'à 20 personnes.

L'accueil de la population de Briançon, réservé aux Régufié(e)s, est majoritairement bienveillant. Il va de l'apport de matériel : vêtements, nourriture....au lavage du linge. Les Bénévoles ont obtenu le lavage de la literie par l'Hôpital : aide importante, vu qu'un réfugié reste en moyenne trois jours.

Avec l'aide de Médecins du Monde, les professionnels de santé et la direction de l'Hôpital, ont négocié une permanence d'accès aux soins de santé (PASS) : tous les jours un bénévole conduit les Migrants, qui ont besoin de soins à l'hôpital, tandis que Médecins du Monde effectue des permanences semaine et week-end et ponctuellement, pour les petits maux. Quelques uns des malades ou blessés restent plus longtemps au refuge ou dans les familles, quand ils ne sont pas hospitalisés.

Le local est équipé d'une cuisine quasi de collectivité, d'une buanderie, d'un bureau d'accueil, salle à manger et salle de séjour, plus 3 grands dortoirs où les lits se touchent.

Les bénévoles sont très bien organisés, planifiés sur internet, mais beaucoup viennent spontanément. Pendant mon séjour, nous avions 80 personnes à chaque repas. Trois femmes ne pouvant cuisiner à l'hôtel, où elles sont logées par le 115, venaient nous aider, ainsi que des hommes sollicités lors de la réunion hebdomadaire d'accueil. En effet, en Italie, les Réfugié(e)s étaient servis par du personnel salarié d'Etat, alors qu'ici, au Refuge, tous sont bénévoles.

Au cours de cette réunion hebdomadaire du 28 août, un Exilé plus ancien, reprend les consignes avec leurs mots à eux. Il a parlé à ses frères de ne pas "tenir le visage serré", d'oublier le vécu de la route et d'être aimable avec nous. Connaissant un peu les Africains, lors de mes séjours prolongés en Afrique, j'ai rarement vu des Africains se comporter ainsi : ne pas sourire, ni rire, ni parler fort, ni s'interpeller, ni aller au devant des autres. Tristes, ils sont dans leur bulle, répondant à peine à notre bonjour, j'ai eu du mal à entamer des discussions et encore moins des interviews comme je l'avais prévu.

Beaucoup de ces hommes sont dans une grande souffrance psychique, en état de choc et vu le peu de temps qu'ils restent, il est difficile d'entreprendre une nécessaire thérapie.

L'accueil administratif se fait dans un bureau à part où un minimum de renseignements sont pris et détruits par la suite. Le bénévole s'assure à ce que le Réfugié puisse être hébergé là où il veut aller, cherche à le dissuader de partir dans les grandes villes, sauf que seules les grandes villes, comme Marseille, reçoivent les demandes d'asile. De ce fait, 400 jeunes y dorment dans la rue, dans attente des documents, pendant des mois.

Le bénévole donne aussi, au Réfugié en partance, des documents à présenter pour ses droits face à la police et pour un avocat.

Si le Réfugié est mineur, le bénévole doit le retenir et l'accompagner au commissariat qui, après prise d'identité, le dirige sur l'ASE (Aide Sociale à l'Enfance) de Gap : 50 % des Réfugiés sont mineurs et beaucoup sont Guinéens.

Nous devons même sortir acheter à deux pas, leurs billets de train, car la police risque de les arrêter. Ils ne peuvent sortir seuls, nous devons les accompagner pour toute démarche et parfois, la police les prend même s'ils sont accompagnés et les renvoie au-delà de la frontière en Italie.

 


"Au secours des Migrands dans les Alpes"

Puis, j'ai voulu savoir comment les Exilés abordent la frontière dans la montage et j'ai pris le car pour Clavière de l'autre côté de la frontière italienne, pour les rencontrer au refuge "Jésus". Puisque maintenant la frontière de Vintimille leur est fermée, les Réfugié(e)s poursuivent en car, en Italie, jusqu'à Clavière avant la frontière et là, se retrouvent au Refuge "Jésus" pour se préparer au passage à pied et de nuit dans la grande montagne.

Clavière est une station de ski de luxe, tout au plus indifférente au drame se déroulant tout près, sinon hostile. Dans la station de ski, pas de pharmacie, peu de soutien. Seul un restaurant apporte un peu de nourriture, sinon le matériel et la nourriture viennent de la solidarité de Briançons.

Le refuge "Jésus" se situe dans un local au sous-sol de l'église, malgré la franche hostilité du curé.

Le local ests petit, en rapport à tous les passants : une grande salle dortoir augmentée par des mezzanines dont une pour les Femmes. Le refuge accueille entre 20 à 50 personnes. Une salle de séjour et à manger, un coin cuisine.

Ce jour-là, des Réfugié(e)s préparaient eux-mêmes le repas sur un feu de bois à l'extérieur. Une équipe de bénévoles Italiens et Français, travaillent ensemble pour les tâches domestiques avec les Exilé(e)s, mais assurent les gardes de nuit.

L'important pour aborder a haute montagne sont les conditions physique, psychique et aussi de bonnes chaussures.
Un immense golf s’étend de Clavière jusqu’ après la frontière française, en pente douce.
Mais les Exilé(e)s ne peuvent y passer, ils s’aventurent de nuit dans la haute montagne avec le risque de se perdre , de glisser dans un ravin, surtout s’ils sont coursés par la police ou les identitaires( générations identitaires et fascistes).

Déjà 3 Migrants sont morts :

- une jeune femme nigériane, prénommée Blessing, coursée par la police PAF s’est noyée dans la Durance le 7 mai, un bel enterrement et hommage lui ont été rendus .
- un corps a été retrouvé à proximité du village des Alberts le 18/05
- un autre corps a été retrouvé dans un ravin à la fonte des neiges à Bardonneche le 25/05.


Puis le 21 avril 2018 "générations identitaires" ont bloqué le col de l'Echelle avec une immense banderole prenant ainsi le relais de la police dans la chasse aux Réfugié(e)s. 

 


Avec les Migrants à l'épreuve des Alpes



  

 "Le dimanche 22 avril, une manifestation pacifique composée de plus de 150 personnes exilées et de leurs soutiens est partie de Clavière en Italie pour rejoindre Briançon à pieds et ainsi protester contre la militarisation de la frontière et la non prise en charge des personnes mineures ou en demande d’asile par les autorités françaises..
A l’issue de cette manifestation spontanée, six personnes ont été interpellées par les forces de l’ordre. Trois ont finalement été relâchées mais trois autres sont toujours en détention provisoire, enfermées à Gap et à Marseille. Poursuivies pour '''avoir par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée irrégulière en France de plus d’une vingtaine d’étrangers, avec cette circonstance que les faits ont été commis en bande organisée'''. Elles risquent selon la loi française jusqu’à 10 ans de prison assortie de 750 000 euros d’amende. Le jugement ayant été renvoyé au 31 mai 2018, ces trois personnes originaires de Suisse et d’Italie resteront donc potentiellement enfermées jusqu’à cette date"

 
A mon retour en car vers Briançon, la police PAF a contrôlé notre identité et m’a demandé ce que je venais faire en Italie ! Deux hommes en tenue de montagnards déblatéraient entre eux, contre les Migrants, accusant surtout les associations.

 

III Un autre refuge à Briançon assure l’accueil à moyen et long terme : « Chez Marcel »
Située un peu au dessus de Briançon, dans une vieille bâtisse vide suite à un problème de succession.
Un jardin potager, quelques poules indiquent des projets de vie plus pérennes. Les Exilé(e)s organisent eux même leur quotidien, avec l’aide des bénévoles; Au début , les bénévoles aidaient à la constitution du dossier de demande d’asile, mais aujourd’hui , ils le délèguent à des spécialistes comme la CIMADE ; mais fournissent toujours aux Migrants des personnes ressources pour remplir par exemple, les papiers de la sécurité sociale .
Ici les Réfugiés ont une demande d’asile en cours et peuvent circuler librement.

Mais l’attitude de l’inspecteur d’académie de Briançon de refus systématique d’inscription de tout élève non légalisé, rend très difficile l’accès des Migrants aux études et formations.

Et le désir d’étudier, de se former est très fort chez les jeunes Migrants : Un très jeune Migrant m’a dit : "je suis venu à pied de Guinée pour aller à l’école"

 

 

https://vimeo.com/242437299?ref=fb-share&1 Entretien avec Michel Rousseau de tous Migrants (IMPOSSIBLE DE METTRE CE FILM VIMEO)

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Période de réflexion sur le lien entre l'Afrique et les Migrants 


Plusieurs témoignages sur l'émigration pour comprendre le lien entre là-bas et ici :

 


"Paroles de Réfugiés"

 


"Le retour de Wenceslas"

 

 

 

 

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PERIODE AFRICAINE

Une série de 2 documentaires sur Thomas Sankara et les souvenirs de cette période historique.

De 2012 à 2019, ma recherche pour une solution pour la malnutrition, m'a conduit au Burkina-Faso où, avec l'appui d'ANTENA TECHNICOLOGIE, j'ai appris, en travaillant dans les fermes du "Petit Séminaire" et "Nialgué" à KOUDOUGOU, la culture de la spiruline et son utilisation dans les centres de nutrition. Et les Burkinabé ont su m'enthousiasmer sur cette période de la révolution Sankariste de 1983 à 1987.

Ces deux films sont à la fois des réflexions de paysans, instituteurs...et une recherche écologique sur cette révolution dont le sens se révèle encore, tous les jours, à l'heure d'aujourd'hui.

 


"Thomas Sankara était-il le premier Président écologiste ?" - Partie I

"Thomas Sankara était-il le premier Président écologiste" - Partie II

 

Balai citoyen «  MP3, est un témoignage historique sur le dégagement de Blaise Compaoré en 2015.

 

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PERIODE LATINO-INDIENNE

 

 

"LES INDIENS DU LONG DU GAPANAPARO" (dvd à venir)


Un film d'enquête sur la condition des Indiens, premiers habitants des Amériques.

En effet, je crois qu'une démocratie se mesure à la situation des Femmes, des Enfants et Minorités Nationales. D'ailleurs, ici, les premiers habitants : Les Indiens.

J'étais très curieuse de connaître quelle démocratie était construite au Vénézuéla de Hugo Chavez.

Après prise de contacts, je suis partie travailler, en juillet 2010, trois mois, comme infirmière dans un camp-hôpital pour les Indiens à Elorza

Les Indiens n'étaient pas acceptés à l'hôpital. J'ai d'ailleurs eu beaucoup de mal à y faire admettre un vieil homme déshydraté, ayant besoin des soin impossibles à prodiguer au camp.

La petite ville d'Elorza est située à côté de la frontière colombienne en conflit avec le Vénézuela. La situation y était très tendue, une peur sourde y régnait et je n'ai pu y obtenir aucune interview ; non pas tant, en raison de la langue que de la méfiance.

Elorza était soupçonnée de s'être enrichie d'un coup, avec l'argent et les biens dévolus aux Indiens. Les Indiens vivent de pêche, cueillette, petit maraîchage...dans une réserve, le long du fleuve Ganaparo.

Les Criolos vivent d'élevage extensif et convoitaient les terres de la réserve indienne pour s'étendre et y arrivaient parfois. Mais la pire menace pour la réserve indienne était le pétrole dans la "Boca" du fleuve. Chavez, de son vivant interdisait l'exploitation du pétrole dans les réserves indiennes. Nous partions en trois grosses pirogues avec les médecins cubains : une pirogue pour les médicaments et le personnel, une autre pour le retour des malades au camp et enfin une troisième pirogue de matériel où un militaire vénézuelien veillait à notre sécurité. Le film raconte ces voyages sanitaires et la découverte des villages Indiens.

 



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GAZA

"Gaza résistante et écologiste" et "Gaza résistante et alternative"

J'ai séjourné et travaillé en Palestine, chaque année de 2006 à 2009, où j'ai pris images , interviews
mais c'est Gaza en 2011, qui m'a inspiré mon troisième film  palestinien :
"Gaza résistante et alternative"

 


Enfermée pendant 3 mois à Gaza pour un projet de bassin de spiruline à l'hôpital de Gaza ville en 2011, j'ai travaillé avec Ahmed Sourani responsable du Ministère de l'agriculture à l'époque.
Il avait des idées très écologistes et résistantes sur la période du blocus total de Gaza par israel en 2009. Je l'ai interviewé sur cette histoire de résistance alternative qui donna le titre du film.


Ahmed Sourani fut licencié du ministère de l'agriculture à cause de ses idées alternatives peu en vogue à Gaza et fut admis au Croissant rouge.
Les idées écologistes ne plaisaient pas aux dirigeants de Gaza et pourtant le génie populaire des Palestiniens les ont crées et appliquées pendant cette période terrible de blocus total.

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BASR

 

"LA BASR, un hôpital pas comme les autres" 

J'ai travaillé en 2006, pendant la guerre contre le Liban, à l'Hôpital de la BASR, comme puéricultrice, avec des enfants handicapés. J'y ai vu tout le côté ignoble des forces d'occupations israéliennes, écrasant des enfants qui finissaient grabataires à vie à l'hôpital.

Cette fois, j'ai filmé mon lieu de travail pour témoigner et en supporter l'horreur.

 

 

 dvd à venir

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 PALESTINE

 

 

Yarmouk


Je suis partie en Palestine avec la caravane des Droits en 2005, mais nous avons été arrêtés en Syrie où je suis restée 8 mois dans le camp de Yarmouk près de Damas à travailler comme infirmière auprès des enfants palestiniens avec l'Hôpital italien. 

J'ai découvert en direct, le sort, l'histoire et la culture des Palestiniens, leurs luttes aussi.

J'étais tellement bouleversée que je n'ai pas pu rester sans témoigner. Achat d'une petite caméra rudimentaire avec lequel j'ai pu faire mon premier documentaire sur les conditions et l'histoire d'origines des Femmes avec lesquelles je vivais : "Les brodeuses de l'Espoir".
C'est en Palestine que j'ai appris le sens du principe "des Peuples à disposer d'eux-mêmes, d'un pays, d'une culture".

Bientôt un DVD "Les brodeuses de l'Espoir"

 

 

 

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